samedi 21 janvier 2012

Week-end à la campagne

Le Mende c’est une région géographique qui s’étend sur l’ouest du Mali et l’est de la Guinée. Zone agricole en pleine expansion on y cultive du riz, du mais, des bananes et différentes cultures maraîchères.

A Mani-Koro on est accueilli par Edmond, le frère de Pascaline, la femme de Dominique. Avec Dominique, Pascaline et leur fils Noël, il y a aussi avec nous Maïga-Thérèse la nièce de Pascaline et Bintou sa cousine. Tout ce petit monde se retrouve dans le mali profond. L’accueil est simple, chaleureux. Sur les conseils de Dominique, nous avons apporté de la bière, du Coca et du Sprite (boisson que l’on ne trouve pas au village…si si on a trouvé un endroit sans Coca-Cola). C’est l’heure de l’apéro….tout le monde s’installe et pour nous on commence l’apprentissage de la vie d’une famille africaine.

Si l’on observe bien, les rôles sont bien définis. Les femmes s’emparent des 2 grosses casseroles, des fours à charbon, du couteau, de la spatule et des bols qui serviront à faire à manger. En quelques coups de cuillère à pot, elles sont lancés dans l’organisation du repas. Les hommes eux s’installent bière à la main pour discuter. Pour nous ça fait un peu cliché. En temps que femme je propose d’aider. Les tâches ont déjà été répartie…on a pas vraiment besoin de mains supplémentaires. ..mais je reste avec mes consœurs. Avec rien, elles vont nous préparer un festin. J’observe…complètement fascinée. Chaque geste est précis, rapide et organisée. Si quelqu’un de supplémentaire venaient aider cette équipe de choc tout serait bouleversée. Et puis les règles ancestrales sont ainsi (les hommes d’un côté, les femmes de l’autre) et il faut les respecter….le système est bien huilé et tout se fait dans la bonne humeur.

Le menu c’est : en entrée riz / sauce puis pintade avec pommes de terre en ragout et frites. OK, on a acheté en venant les légumes qu’il faut…mais où sont les pintades ? Elles arriveront pendues par les pieds et bien vivantes. C’est aux hommes de tuer l’animal. Vite fait, bien fait. Les bestioles sont alors ébouillantées pour que l’on puisse enlever les plumes plus facilement, déplumées, évidée en quelques minutes. On mangera dans un plat unique avec les doigts. Ce sera un grand moment de rigolade car il faut bien l’avouer, on est plus doué pour en mettre ailleurs que dans notre bouche.

La vie chez Edmond est paisible. Après manger on discute à l’ombre autour d’un thé servit dans un verre unique qui tourne parmis les convives selon un ordre bien établit….qui reste obscure à nos yeux d’étrangers. Dans l’après-midi on visite le village. C’est fou à quel point les gens sont heureux de rencontrer la famille d’Edmond et de nous voir. Ils nous remercient d’être là. C’est dingue ça, ça devrait être dans l’autre sens non ?

Edmond est un homme érudit. Malheureux dans ses affaires administratives en ville, il a décidé de revenir au travail de la terre. Cela fait 3 ans qu’il est à Mani-Koro. Grâce à lui on comprendra mieux les scènes de vies locales que l’on voit.

Le chef du village nous accueille dans sa maison. Son mot de bienvenu en bambara chante à nos oreilles. Ses paroles chaleureuses nous seront heureusement traduites. Sous l’arbre des palabres (lieu de rencontre au centre du village sous lequel se disputent toutes les questions du village) on rencontrera les hommes important du village. On immortalisera ses rencontres sur la pellicule avec une promesse de faire parvenir les photos par un moyen ou un autre. (Merci Pascaline de d’en occuper au cyber).

Pour Ben, on ira voir aussi le dispensaire du coin….vide, heureusement. Le dispensaire est géré par un technicien infirmier, qui s’occupe de tous les patients. Il nous explique qu’il peut accueillir 4 patients en observation et dans un autre bâtiment il y a une maternité. Si il y a un gros problème, il téléphone et une ambulance part de Ségou (à environ 1 heure de piste de là). Visiblement dans le village le plus gros problème les crises de paludisme pendant l’hivernage (période de juin à septembre).

Dans le village, des femmes pillent le mil et le mais. Le bruit des pillons fait un rythme musical qui s’étend sur tout le village. J’essaye pendant 5 minutes…..le pilon est lourd et je peux vous dire que ça fait les bras…

De retour chez Edmond on reçoit la visite de plusieurs personnes venues nous rendre visite. L’un d’entre eux et un griot…la mémoire vivante du village. Il nous racontera en quelques mots les origines de Mani-Koro. Il aurait voulu avoir 3 jours entiers pour tout nous expliquer. Orateur de talent, c’est un plaisir de l’écouter même si on ne comprend pas un mot. Edmond nous expliquera qu’un chasseur fatigué c’est arrêté dans la région. S’y trouvant bien, il parti chercher d’autres personnes et finalement ils s’installèrent. C’était il y a 400 ans. Depuis Mani-Koro aura vu passer 17 chefs de village.
Celui que nous avons rencontré un peu plus tôt nous fera cadeau d’un coq (bien vivant) pour le souper. Une femme du village nous offrira du Tô de maïs (sorte de galette de polenta avec un sauce d’arachide…délicieux).

Il y aurait encore tellement de choses à dire…à raconter…mais on ne trouve pas les mots. Peut-être qu’un peu plus tard on saura. Tous ces moments de vies partagées seront parfaitement décris par Dominique dans le petit mots qu’il nous laisse dans le livre d’or : « Un soir de janvier, sous l’arbre à palabres, les montagnes alpines et le plat pays se sont rencontrés, sous le étoilé du Mali. Seul le voyageur peut vivre ses moments qui laissent un souvenir indélébile dans le cœur ».

1 commentaire:

  1. MANI KORO !! je crois que cela restera un souvenir inoubliable ! un petit "centre du monde" pour vous deux !mais bref, si il y a un village ou j'aurais aimé être avec vous c'est celui-ci. Un sacrée chance d'avoir rencontré Dominique et Pascaline

    RépondreSupprimer