Chacun avec nos yeux on a vécu un moment un peu difficile. Chacun avec nos mots on vous le fait partager…parce que nos perceptions des choses sont différentes….parce que sur le coup on a besoin de l’exprimer chacun à notre manière sans faire de compromis dans les mots. Ben oui, dans une histoire vécue par deux personnes…il y a 2 versions. Cette fois en voici la preuve.
PAR PATRICIA
Si j’étais à Genève, j’aurais fait appel au réseau « copine en détresse », sûrement pour évacuer le stress, le sentiment d’impuissance…pour être rassurée d’avoir pris la bonne décision.... pour en parler quoi
Depuis notre entrée en Mauritanie nous sommes dans un vent de sable. En gros la visibilité sur la route est limitée, voir très limitée. A une centaine de kilomètres de Nouackchott on nous demande de nous arrêté. Sur le bord de la route une voiture est ensablée…totalement détruite. On comprend vite que le conducteur a fait un joli vol plané au milieu de la nuit, qu’il a attendu patiemment une voiture, que malheureusement la berline qui s’est arrêté avant nous avec deux personnes n’y arrive pas. Le conducteur aimerais que l’on sorte l’épave du sable, pour que la berline l’a remorque en ville. Lui à l’air d’aller étonnamment bien quand on voit l’état des restes du véhicule.
On a tout le matériel pour. Sangles, manilles et surtout la puissance de Manny. En peu de temps la voiture est remorquée sur la route avec l’aide de tout le monde.
C’est alors que sur la route apparaît dont ne sait où une Mercedes flambant neuve qui arrivent à une vitesse de ouf. Tout se passe alors très vite. Le conducteur en nous voyant braque, à droite, à gauche, bloque ses roues, la voiture vole au sens littéral du terme. Un, puis deux, puis 3 tonneaux. Le passager est éjecté de l’habitacle. La voiture s’arrête dans le sable. Le pare-brise devant est plié, une porte c’est décroché, des morceaux de carrosseries sont éparpillés, les fenêtres volent en éclat.
Après quelques secondes de surprise….on court en direction du véhicule. Qui sait si il prend feu on pourra peut-être sortir les passagers avant le drame. Le conducteur sort du véhicule par lui-même et vient à la rencontre de son passager qui gît sur le sol. Mort ? L’homme a l’air tout vert (sur quelqu’un de peau noir….vert c’est quand même vert).
Lorsque j’arrive sur place je me fige. Finalement là, en tant que femme je ne peux pas toucher ce monsieur et puis il ne parle pas francais. Et les autres mauritaniens arrivent. Il le secoue, il réagit…ouf, il est vivant.
Et après. A ben oui, pour nous le après c’est sécurisé les lieux (ça c’est fait Manny, la berline, l’épave, le camping car de Steffi et Henno ont tous quitté le goudron…et sont sur les bords de la route ), faire un premier bilan rapide de notre blessé (euh….) et appelé les secours (ok j’ai un numéro – la gendarmerie c’est le 116…mais je sais pas du tout comment leur expliquer ou je suis entre rien et rien). Ah ce moment là je suis restée coincée sur « je peux rien faire ».
Les témoins mauritaniens relève avec fermeté le blessé…un homme debout ici , c’est un homme vivant.
A ce moment là. J’attrape Steffi (qui m’avait rejoins) par le bras et je fais plusieurs pas en arrière. A la ceinture des passagers de la voiture accidentée des armes à feux. Et si tout à coup ils se fachent, que le ton monte, qu’ils pensent que tout cela est arrivée à cause de nous…Bref moi les armes j’aime pas et automatiquement je recule.
Le conducteur de la berline m’appelle et me demande de prendre le blessé dans notre Land Rover pour l’amener au prochain poste de gendarmerie. D’un coup je ne me voit avoir un blessé dans le land, qui potentiellement pourrait mourir à une vitesse grand V sans que je puisse faire quelque chose. Si la pire des choses arrive je ne vois pas comment expliquer à la gendarmerie pourquoi j’ai un mort et une arme à feu dans la voiture.
Je bafouille une réponse sans conviction pour dire que cela n’est pas possible, en plus notre véhicule est lent. Et ça c’est une décision très dure. J’ai pris là une décision qui va a l’encontre de tout ce que j’ai appris à faire. Si je suis secouriste à Genève c’est bien pour aider non ? Laissé un blessé sur le côté comme ça au milieu de rien…pfffffffffff.
Benoit est d’accord avec moi….on reprendra la route, suivit de Steffi et Henno avec pour mission d’avertir le prochain poste de gendarmerie. On le trouvera 70km plus loin. 45 minutes de route plus tard….45 minutes qui parurent très longue.
La gendarmerie a déjà informé de l’accident. Un gros 4x4 tout neuf a embarqué notre blessé en direction de l’hôpital de Nouackchott….Ouf…il ne sera pas resté sur la route…..
PAR BENOIT
Je conduis… sous un vent de sable incessant… pff… c’est gris… et dur de voir toute la route… soudain une voiture dans le sable et trois hommes qui me font signe de m’arrêter… bon… je me mets sur le côté de la route… moteur qui tourne toujours et attend que un des hommes viennent me demander si on peut tirer la voiture ensablée sur le goudron… ok ca va pour moi…
on déplace Manny juste devant la voiture… qui s’avère être une carcasse… vu que le gars roulait de nuit et s’est planté… le gars a fabriqué une sangle maison avec les ceintures de sécurité…. Résistante mais dès que j’essaye de sortir… bah pas moyen de prendre de l’élan pour pouvoir tirer le tas de ferraille hors du sable…. On va donc changer de méthode… on prend nos belles sangles et on croche…. En 3 minutes on est de retour sur le goudron…
C’est à cet instant que en sens inverse une voiture arrive à toute vitesse… belle Mercedes bleu roi… qui déboule à plus de 120 km/h… les pneus crissent… le voiture se met de travers… le conducteur contre braque et plante les freins… la voiture dérape sur l’extérieur de la route… sort de celle-ci et va disparaitre dans un nuage de poussière… on voit le sable faire une, deux et trois vrille… nous faisant comprend que la voiture fait des tonneaux et le bruit de la tole qui se froissent nous le confirme de plus belle…
Je vois Patou… les yeux écarquillés retenir sont souffle… on croise nos regards… pas besoin de parler… on le sait… « c’est pas possible… » voila ce qui nous transperce l’esprit… après que le nuage se dissipe et un silence effrayant prend place… on voit un homme a terre et une voiture complètement détruite…
Patou se lance en direction de l’épave en courant… moi j’essaye de dire à Henno de mettre son camping car sur le bord et je prend Manny pour aller vers l’épave qui c’est immobilisée à quelques 200m de là… en me disant… si besoin on a notre trousse de secours et un extincteur…
Patou me dit de ne pas trop approcher avec notre maison mobile… je m’arrête et la voit les yeux grands ouverts marcher vers moi en me disant… de ne pas essayer de les aider… « ils ont des armes… » et en plus ils parlent pas le français… je m’arrête de marcher et réfléchis… comment aider quelqu’un qu’on ne comprend pas tout en ne sachant pas si on se met pas en danger vis-à-vis de leurs armes… bon… les locaux ont l’air de gérer à leurs manières….
On n’abandonne pas… on passe la main… les locaux nous disent qu’ils s’en occupent… et qu’on doit prévenir la police… Patricia s’occupe de prendre les numéros de plaques pendant que je dis à Henno de mettre sont camper sur le côté de la route et non pas au milieu… et oui l’allemand c’est pas mon truc… on reprend la route après que Patou me disent qu’ils voulaient qu’on prenne le blessé… mais qu’on peut pas… alors en quittant les lieux on voit un 4x4 local qui s’arrête et va s’en charger…
Ce n’est que 70 km plus loin qu’on va retrouver un poste de police et pouvoir soulager et mettre pour la première fois des mots sur ce moment difficile… c’est aussi a ce poste de police qu’on verra que le blessé est déjà moins pâle qu’avant et nous devance en direction de l’hôpital le plus proche… environ 130 km du lieu de l’accident… le soir on allumera une bougie pour une pensée à cet homme qui, on l’espère s’en sort sans trop de problème…
Voilà… on a vécu un moment dur et on se sent bizzard à l’idée de ne pas aider quelqu’un… à cause de la culture… de la langue et des dangers des armes… mais comme on le sait… un sauveteur mort ne sert à rien… alors quand on sait pas on se met pas en danger…
Salut,
RépondreSupprimerA vous lire, vous vous êtes sentis plutôt inutiles et impuissants... moi il me semble que vous avez fait tout ce qu'il fallait.
Vous avez été entraînés à ça: vous savez qu'il faut garder son sang-froid, "toujours d'abord et avant tout" veiller à sa _propre_ sécurité, sécuriser les lieux, faire un bilan etc.
C'est ce que vous avez fait et c'est tout ce que vous pouviez faire. Sans être sur place et sur base du rapport ;) , il me semble que vous avez tout bien réagi. Après oui: ça reste une intervention sur un (gros) accident, c'est aussi stressant que grisant, et c'est normal que ça vous (pré)occupe pendant les heures et jours qui suivent !
Bisous,
Vincent/
je rejoint entièrement Vincent....vous avez été formé pour des situations, que l'on espère rets exceptionnel, les formations que vous avez reçu sont principalement axée sur la sécurité, l'alarme et la prise en charge primaire des blessés. Comme la dit Vincent "toujours d'abord et avent tout, veiller à sa propre sécurité". la sécurité vous l'avez gérée, vous ete allé donner l'alarme, et visiblement à parte le transport il ne nécessitait pas de soins d'urgence sur sit. Pour moi vous avez réussit votre "épreuve du feux" haut la main.....(bravos). dans tout les formations que vous avez suivi, je pense que l'on incite pas assez sur l'aspect émotionne qui peut résulté d'un sauvetage. Ce sont des chose que l'on ne peut pas comprendre à 100% t'en que l'on a pas vécu notre première situation difficile. LA SOLUTION, elle n'existe pas. Mais par exemple le fait d'en parler avec d'autre personnes, de réaliser que ce que l'on a fait est juste même si on aurait voulut faire plus, de prend cet situation comme une leçon, de voire qu'es qui a bien joué et qu'es qu'il faudra améliorer pour la prochaine fois.....peut vous aidez. Le plus importent c'est que vous avez fini c'est petit mésaventure en bonne santé et que vous avez avez fait votre job ;-)
RépondreSupprimerfélicitations, vous avez assuré lors d'une épreuve du feux (première intervention "seul" pour un accident important) particulièrement complexe!
Le frérot
he bien ! Dieu sait qui c'était ces hommes! Quel destin ou hasard vous a mis sur leur route? et quelle chance que cela se soit terminé pas pire! Vos réactions étaient les bonnes ça c'est sûre.
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